Pendant que les opérateurs télécoms poussent leurs clients vers les applications et les chatbots, un franchisé belge fait exactement l'inverse : il mise massivement sur le magasin physique. Pour tout candidat franchisé qui hésite entre un concept digital et un réseau de points de vente, l'exemple de MiConcept mérite qu'on s'y attarde de près, car il démontre que le service humain reste un levier de croissance rentable, même dans un secteur ultra-numérisé.
Un doublement de réseau en une seule opération
Joeri Sobry et Els Neven, les franchisés à la tête de MiConcept, ont repris cet été trois Telenet Centers situés à Louvain, Hasselt et Genk. Avec les points de vente déjà exploités à Saint-Trond, Tirlemont et Vilvoorde, leur réseau passe ainsi de trois à six magasins, et compte désormais plus de cinquante collaborateurs. Une croissance qui ne s'est pas faite par ouverture progressive de nouveaux points de vente, mais par la reprise de magasins existants déjà opérationnels au sein du réseau Telenet.
Ce choix stratégique illustre une réalité que tout candidat à la franchise devrait garder à l'esprit : reprendre des points de vente en activité, plutôt que de créer un commerce from scratch, permet souvent de sécuriser plus rapidement un chiffre d'affaires et une clientèle existante. C'est une option que l'on retrouve d'ailleurs dans de nombreux secteurs présents sur l'élenco des franchises disponibles en Belgique.
Pourquoi le service en magasin reste un atout différenciant
Le raisonnement de Joeri Sobry est limpide : si un client fait encore l'effort de se déplacer en magasin alors que tout est accessible en ligne, c'est que ce client a une attente particulière. Pour MiConcept, cela implique une obligation : soigner ce client avec un service irréprochable. Dans un marché où la majorité des interactions basculent vers le digital, les clients qui franchissent encore la porte d'un point de vente physique sont souvent ceux qui cherchent du conseil, de l'accompagnement ou une résolution de problème que l'application ne peut pas offrir.
Cette logique n'est pas propre aux télécoms. On la retrouve dans l'optique avec des enseignes comme Pearle Opticiens ou Alain Afflelou, où le conseil personnalisé justifie la visite en magasin malgré la concurrence des plateformes en ligne. Le point commun : le réseau physique devient un argument de différenciation plutôt qu'un simple canal de vente parmi d'autres.
Les critères qui font la réussite d'une reprise de points de vente
Reprendre des magasins existants au sein d'un réseau de franchise suppose une analyse rigoureuse avant signature. Plusieurs critères ressortent de ce type d'opération :
- L'emplacement : Louvain, Hasselt et Genk sont des communes dynamiques, avec un bassin de population suffisant pour justifier un point de vente télécoms. L'ancrage local reste un facteur décisif, quel que soit le secteur.
- La formation des équipes : avec plus de cinquante collaborateurs répartis sur six magasins, la cohérence du service proposé dépend directement de la qualité de la formation dispensée par le franchiseur.
- La qualité de service : dans un contexte où le client physique est devenu minoritaire, chaque interaction compte double pour l'image du réseau.
- La solidité financière de la reprise : racheter trois points de vente d'un coup implique une structuration financière solide, souvent via une SRL, avec un numéro d'entreprise (BCE) et un numéro de TVA BE en bonne et due forme pour chaque entité reprise.
L'arbitrage digital/physique avant d'investir
Pour un candidat franchisé qui hésite entre un concept purement digital et un réseau de magasins physiques, le cas MiConcept pose une question centrale : le digital remplace-t-il vraiment le magasin, ou le complète-t-il ? Dans le secteur des télécoms comme dans bien d'autres, la réponse semble être la seconde option. Le digital capte le volume, mais le magasin capte la valeur ajoutée : conseil, relation de confiance, fidélisation.
Ce constat vaut pour de nombreux réseaux présents en Belgique, qu'il s'agisse de concepts alimentaires comme Spar ou de concepts de service comme Trixxo, où la proximité et le contact humain restent déterminants dans la décision d'achat du consommateur.
Ce que cela signifie pour qui veut ouvrir un franchise
Avant de se lancer dans la reprise ou l'ouverture d'un point de vente, un candidat franchisé doit évaluer la part réelle de valeur ajoutée humaine dans le concept qu'il envisage. Un réseau qui mise exclusivement sur le digital peut sembler plus léger à exploiter, mais un réseau physique bien géré, avec un service de qualité, conserve un avantage concurrentiel réel face à la dématérialisation généralisée.
Avant toute signature, il reste impératif de demander et d'étudier le document d'information précontractuelle (DIP), prévu par le Livre X, titre 2, du Code de droit économique, remis avec le projet de contrat de franchise au moins un mois avant la signature. Ce document permet d'évaluer sereinement les conditions du droit d'entrée, les redevances, ainsi que les obligations respectives du franchiseur et du franchisé. Pour suivre l'évolution de ce type d'opérations dans le secteur belge, les candidats peuvent consulter régulièrement les dernières actualités de la franchise.