Si vous envisagez d'investir dans une franchise de restauration rapide, de retail ou d'horeca, cette actualité mérite toute votre attention. Le gouvernement fédéral belge étudie une hausse des cotisations sociales sur le travail étudiant et les flexi-jobs, deux leviers RH largement utilisés par les réseaux pour absorber les pics d'activité du week-end, des vacances scolaires et des soldes. Une telle réforme toucherait directement la rentabilité des points de vente qui reposent sur cette main-d'œuvre flexible.
Ce que prévoit le projet du gouvernement fédéral
Actuellement, les étudiants salariés versent une cotisation de solidarité de 2,7% de leur salaire brut, tandis que l'employeur en paie 5,4%. Ces deux taux pourraient augmenter, sans que leur niveau exact soit encore fixé. Le gouvernement envisage également d'instaurer une limite d'âge de vingt-cinq ans pour le statut étudiant, alors que des travailleurs plus âgés peuvent aujourd'hui encore en bénéficier. Une telle restriction réduirait mécaniquement le vivier de main-d'œuvre étudiante accessible à moindre coût pour les enseignes.
Les flexi-jobs ne sont pas épargnés. La cotisation patronale pourrait passer de vingt-huit à septante... non, plus précisément de 28% à 30%. Le gouvernement réfléchit aussi à restreindre l'accès à ce régime pour les malades de longue durée et pour les travailleurs occupés à quatre cinquièmes temps. Ces pistes s'inscrivent dans la recherche de dix milliards d'euros destinés à boucler le budget pluriannuel fédéral, et aucune décision définitive n'a encore été actée.
Un revirement après des assouplissements récents
Ce durcissement potentiel surprend d'autant plus qu'il intervient peu après des mesures d'assouplissement prises par le même gouvernement: le contingent annuel de travail étudiant est passé de 600 à 650 heures, l'âge minimum général a été abaissé à quinze ans, et le régime des flexi-jobs a été élargi à de nouveaux secteurs. Pour les franchisés qui avaient justement adapté leur planning RH à ces nouvelles marges de manœuvre, un retour en arrière créerait une incertitude supplémentaire sur la gestion des coûts salariaux.
Pourquoi les réseaux à forte saisonnalité sont particulièrement exposés
Les franchises de restauration rapide, les supermarchés de proximité et les enseignes de mode comptent souvent sur les étudiants et les flexi-jobbers pour renforcer leurs équipes lors des pics de fréquentation, sans devoir recourir à des contrats fixes coûteux sur l'ensemble de l'année. C'est notamment le cas d'enseignes comme Domino's Pizza, KFC ou Pizza Hut, où le service en soirée et le week-end repose largement sur du personnel flexible. Dans le commerce alimentaire de proximité, des enseignes telles que Spar ou Intermarché Express fonctionnent également avec des équipes renforcées pendant les périodes de forte affluence.
Une hausse des cotisations patronales se traduirait directement par une augmentation du coût horaire de cette main-d'œuvre, ce qui pèserait sur la marge des points de vente, en particulier pour les franchisés qui exploitent un seul établissement et disposent de peu de marge de manœuvre budgétaire. Les réseaux qui emploient davantage de personnel sous contrat fixe, comme certains concepts de services ou de retail spécialisé, seraient en revanche moins directement exposés à ce risque.
Ce que cela signifie pour qui veut ouvrir une franchise
Pour un candidat franchisé, cette actualité doit inciter à la prudence dans l'évaluation du business plan. Avant de signer un contrat de franchise, il est essentiel d'intégrer une marge de sécurité sur les coûts salariaux, en particulier si le concept visé dépend fortement de jobs étudiants ou de flexi-jobs pour fonctionner le week-end ou en haute saison. Quelques réflexes pratiques:
- Interroger le franchiseur sur la part de main-d'œuvre flexible dans le modèle économique du point de vente type;
- Demander des simulations de rentabilité intégrant plusieurs scénarios de hausse des cotisations sociales;
- Vérifier, dans le document d'information précontractuelle (DIP) remis conformément au Livre X du Code de droit économique, les informations relatives aux charges de personnel prévisionnelles;
- Anticiper une stratégie RH diversifiée, combinant personnel fixe et flexible, pour limiter l'exposition à un changement réglementaire brutal;
- Suivre l'évolution du dossier budgétaire fédéral avant de finaliser son plan de financement, notamment pour les numéros d'entreprise (BCE) et numéros de TVA BE qui seront à activer lors du lancement de l'activité.
Ces précautions valent aussi bien pour un premier investissement en restauration rapide que pour l'extension d'un réseau existant. Consulter régulièrement les dernières actualités de la franchise permet de rester informé avant de s'engager, tout comme parcourir l'ensemble des enseignes en franchise pour comparer les modèles RH des différents concepts disponibles sur le marché belge.
